19.07.2008

Europe : le scrutin irlandais vu ... d'Irlande

J'ai la chance de connaître Maura Stewart chercheuse irlandaise en sciences politiques.
Elle a écrit, entre autres, un article très complet sur le non des Irlandais au référendum sur le traité de Lisbonne et je ne saurais trop vous conseiller de le lire.
il me semble important ici d'avoir le point de vue et les explications irlandaises.

Jean-Pierre MARC

17.07.2008

A propos de la réforme des institutions

Ci dessous le texte d'une note publiée en 2006 qui reste d'actualité dans ce contexte de réformette des institutions.


Alors que nous allons fêter le 48 ème anniversaire de la Constitution de 1958 il m’apparaît, après mûre réflexion sur la question, plus que jamais nécessaire que s’engage un véritable chantier de rénovation profonde de notre loi fondamentale.
Pourquoi ?

Tout d’abord parce qu’il ne faut pas oublier les circonstances dans lesquelles est née cette constitution . Ces circonstances, qui se caractérisaient notamment par une atmosphère de quasi guerre civile voire de possibilité de putsch dans le cadre de la décolonisation alors en cours, ne sont plus depuis longtemps d’actualité et pourtant notre loi porte les stigmates .

Ensuite parce que, même si l’on a pu croire que la constitution était adaptable à l’infini, en réalité depuis quelques temps elle démontre ses limites. Certes on pourra arguer qu’elle a permis l’alternance politique de 1981 mais en réalité on peut voir là une simple continuité dans une dérive de type « monarchique ». Par contre les cohabitations l’ont mise à mal en dénaturant son « esprit » initial qui voulait une répartition stable des pouvoirs au profit d’un Président de la République maître du jeu avec un premier ministre finalement soumis. En outre l’adoption du quinquennat et du nouveau calendrier électoral finissent d’en faire un outil un peu hybride avec une signification peu évidente.

Enfin et peut être surtout une révision en profondeur de la Constitution est un moyen de faire participer les français à la mise en place des institutions qui les gouvernent. Ce que contient la Constitution l’équilibre des pouvoirs, la place et le rôle des différentes institutions publiques , les garanties qu’elle doit apporter au citoyen… Tout cela est trop sérieux pour être l’affaire des seuls « constitutionnalistes » aussi éminents soient-ils.
Ainsi il serait intéressant de discuter du rôle et de la place respectifs des différentes collectivités locales et de l’Etat (l’intercommunalité de plus en plus importante n’y apparaît pas par exemple) ; de se positionner sur la question du cumul des mandants en nombre mais aussi peut être en durée (actuellement seuls les députés peuvent y toucher mais ils pratiquent, pour nombre d’ entre eux, le cumul), de chercher à mieux garantir une justice de qualité pour tous …

Il reste la question de la méthode. Certes ce dossier devrait entrer dans le débat sur l’élection présidentielle mais il me semble que ce ne pourrait être porté et conduit avec succès qu’avec quelqu’un(e) qui rassemblerait une coalition de personnes de bords et d’horizons différents à la tête du pays une véritable « union nationale ». Le ou la candidat(e) d’un pôle ou de l’autre, quelles que soient leurs qualités personnelles et ils n’en manquent pas, auront une insuffisante légitimité (en clair une moitié de la France face à une autre moitié) pour mener à bien un tel chantier. Ce sont tous les français qui doivent pouvoir participer à la révision de leur loi fondamentale il s’agit là d’un exercice pédagogique unique. Enfin il faut se donner du temps pour travailler sérieusement temps qui se comptera en un minimum de plusieurs années. Il n’y a donc plus de temps à perdre pour se mettre au travail et c’est la raison pour laquelle je souhaitais profiter de cet anniversaire pour évoquer cette question d’un point de vue de citoyen et non de spécialiste que je ne suis pas.

Jean-Pierre MARC

27.03.2008

Quand la fiction devient réalité ...

Voici la note que j'avais publiée le 11 avril 2007, avant les élections présidentielles, je vous laisse la confronter à la réalité sachant que nous ne sommes qu'en mars.
Ah j'oubliais j'ai commis une erreur la mesure de remerciement était un cadeau fiscal et du coup les caisses de l'Etat sont encore plus vides.


"Cela fait maintenant un peu plus d’un an que Mme R ou Monsieur S est au pouvoir. Que s’est-il passé depuis lors ?
Une mesure symbolique a été prise pour « remercier » l’électorat et montrer que cela change. Quelle sera cette mesure ? On ne sait pas précisément mais on sait déjà quelle doit répondre à un impératif incontournable ne pas coûter un centime !
Pourquoi ? et bien simplement parce que les caisses de l’Etat sont irrémédiablement vides pire même la France est très endettée en tous cas plus qu’elle ne l’a jamais été en temps de paix et plus que ce que permettent les critères permettant à une monnaie de faire partie de l’Euro !
D‘ailleurs le nouvel élu à la magistrature suprême de notre pays a commandité un audit des finances publiques qui a conclu à ce que tout le monde sait déjà depuis le rapport Pébereau de 2005 à savoir que la France a abusé de la facilité de l’endettement public pour assurer son train de vie à court terme.
Il est fait grande publicité de cet audit pour justifier que l’on ne peut plus rien faire et notamment qu’il faut reporter sine die les nombreuses mesures promises lors de la campagne. La rigueur va devoir s’installer. Les batailles font rage au sein de la majorité où l’on prévoit déjà la débâcle des futures élections locales.
Ah j’allais oublier les ministres dits d’ouverture font part de plus en plus ouvertement de leur malaise dans ce simulacre d’ouverture de l’échiquier politique où le parti vainqueur des élections n’a eu de cesse que de s’octroyer tous les pouvoirs et tous le postes de commande. Un sondage révèle que les français auraient souhaité un gouvernement d’union nationale comme en Allemagne où le chômage est inférieur à 6%; la cote de popularité de François Bayrou qui a toujours prôné cette union nationale n’a jamais été aussi forte mais c’est un peu tard.

Je vous rassure ceci n’est que de la politique fiction et vous savez ce qu'il vous reste à faire pour que cela n'arrive pas !"

25.03.2008

"Penser global et agir local"

Cette maxime très souvent entendue ici ou là est à mon sens trop peu souvent mise en pratique par les hommes politiques dont c'est pourtant la responsabilité.
Leur responsabilité est en effet d'avoir, non pas une connaissance totale de tout et de toute chose ce qui n'est humainement pas possible, mais bien plus la connaissance des liens des choses entre elles je dirai surtout de la cohérence d'ensemble. Seule une telle cohérence peut ensuite permettre de proposer des mesures qui ne soient pas opposées entre elles et qui puissent avoir un véritable effet bénéfique pour le citoyen.

Ainsi aujourd'hui la cohérence doit prendre en compte le caractère durable des décisions à prendre dans tout domaine. L'implantation des équipements publics par exemple doit prendre en considération les circulations afin de limiter au minimum les déplacements polluants et permettre des circulations douces (bicyclette, marche etc).

En effet seule cette cohérence globale permettra d'agir de manière efficace et opportune au niveau local. Ce dernier niveau très important n'est pas exclu de cette nécessité de cohérence bien au contraire. Dans combien de cas voit-on justement les effets néfastes de décisions unilatérales qui ne pondèrent pas suffisamment les tenants et les aboutissants de tel ou tel aspect de la question.
Ainsi des équipements réalisés au titre même de la sauvegarde de l'environnement peuvent se révéler non adaptés à la situation de leur ... environnement : pas de filière locale de production de bois pour une chaufferie ce qui nécessite des transports importants ou bien proximité des habitations pour l'éolien ce qui engendre des nuisances sonores.

Prendre en compte cette cohérence et donc pondérer les différents aspects d'un problèmes ne mène-t-il cependant pas à l'indécision et au laisser faire ?
Je ne le pense aucunement bien au contraire. Car c'est là qu'apparaît le rôle éminent du politique à savoir : écouter les différents avis même divergents sur la question, bien expliciter les objectifs poursuivis et faire de la pédagogie sur le choix effectué en prenant parfois même le risque d'aller à contre-courant des idées reçues.

N'est ce pas là une tâche dont la difficulté n'a d'égal que la noblesse ?