« 2008-03 | Page d'accueil | 2008-05 »

22.04.2008

le retour de l'inflation : chance pour l'Etat, plaie pour le consommateur ?

Article publié sur Agoravox

Les statisticiens français et européens parviennent à la conclusion commune d’une augmentation des prix de la consommation. Ainsi, sur un an, en France, l’augmentation serait de 3,2% et de 0,8% sur le mois de mars.

Peut-on dire que l’on assiste au retour de l’inflation ?
Pour le savoir il faut commencer par définir ce qu’est l’inflation. Selon l’INSEE il s’agit d’
une « hausse généralisée et durable du niveau général des prix ». Certes il est encore un peu tôt pour savoir si l’évolution des prix à laquelle nous assistons sera durable mais on peut effectivement le craindre. Quand à la généralisation de la hausse du niveau général des prix elle doit être ici bien comprise et pour cela essayons de caractériser à quelle inflation nous sommes confrontés.


De quel type d’inflation s’agit-il ?
Tout d’abord il ne s’agit pas d’une inflation générée par une demande trop forte par rapport à une offre de produits pour y répondre insuffisante. Cette inflation , la plus connue, touche effectivement certains pays en développement rapide (des pas émergeants comme la Chine par exemple) mais pas vraiment la France où les capacités productives ne sont pas insuffisantes.
Ensuite il ne s’agit pas plus d’une inflation due à la mise en circulation d’une trop grande quantité de monnaie par rapport à l’économie réelle. Les autorités monétaires européennes veillent scrupuleusement (trop disent certains) sur ce point en retenant le crédit par des taux d’intérêt élevés.
Non il s’agit d’une troisième forme d’inflation à savoir l’inflation occasionnée par les coûts. Admise assez récemment (suite au choc pétrolier de 1973) par l’analyse économique elle a l’originalité de pouvoir coexister avec une croissance économique faible ce qui est notre cas. On parlera alors de stagflation ce que nous avons connu après 1973 en France.
Qui dit inflation par les coûts dit coûts qui entraînent cette inflation dans le cas présent il s’agit du coût de l’énergie encore mais aussi du coût des denrées alimentaires.

Quelles en sont les conséquences principales ?
Essayons de voir maintenant les conséquences pour différentes catégories d’agents économiques.
Pour les consommateurs la problématique essentielle est celle de l’indexation de leurs revenus (salaires, traitements, pensions, allocations sociales diverses…) sur le coût de la vie deux cas de figures se présentent alors schématiquement :
1. soit leurs revenus sont indexés par le biais de mécanismes quasi automatique de revalorisation tenant compte de l’inflation (c’est le cas en Belgique et au Luxembourg notamment) et dans ce cas l’impact de l’inflation sera réduit sur le consommateur.
2. soit leurs revenus sont peu ou pas indexés sur l’évolution du coût de la vie et donc les consommateurs subissent de fortes pertes de pouvoir d’achat comme en témoignent les émeutes dites de la faim dans de nombreux pays en voie de développement.
Alors me direz vous vive l’indexation ! Eh bien pas tout à fait car cette dernière peut avoir pour conséquence d’entretenir l’inflation selon le mécanisme simple suivant les pris augmentent donc les salaires augmentent donc les coûts de production augmentent donc les prix augmentent etc. C’est pour cette raison que la plupart des salaires ont été désindexés des prix en 83-84 en France. Le SMIC est lui indexé automatiquement et avec lui les salaires et prestations qui y sont liés. Tout un chacun peut donc facilement voir évaluer les conséquences de l’inflation sur son pouvoir d’achat en vérifiant l’indexation de ses revenus.

Pour les épargnants et les titulaires de revenus du capital l’impact sera négatif sur le pouvoir d’achat si ces revenus sont liés à des produits d’épargne non indexés sur l’inflation.

A l’inverse pour les emprunteurs à taux fixe (puisque les taux variables évoluent en fonction du marché et donc de l’inflation !) il pourra y avoir gain si face à des remboursements non indexés on bénéficie de revenus (salaires, traitements ou autres) qui eux évoluent au rythme de l’inflation.

C’est d’ailleurs dans ce cas de figure que se retrouve l’Etat français avec des emprunts à taux fixe à rembourser d’un côté et une part importante de recettes fiscales, la TVA, revalorisée automatiquement compte tenu de la nature même de cet impôt proportionnel à la valeur. Si le prix du bien augmente la TVA à devoir augmente aussi !

Pour le contribuable encore une fois la situation sera d’autant plus défavorable que ses revenus ne seront pas ou peu indexés sur le coût de la vie.

Au total donc pour ces quelques acteurs économiques les conséquences de l’inflation sur le pouvoir d’achat sont liées au résultat d’une comparaison entre évolution induite sur ses dépenses et évolution induite sur ses recettes, toutes autres choses étant égales par ailleurs. Ce n’est que la différence entre l’une et l’autre qui permettra de tirer une conclusion.

08:30 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Inflation, consommateurs, Etat, indexation des revenus, demande, coûts, monnaie

15.04.2008

La reproduction des élites (suite)

Autre contribution à l'analyse de ce phénomène spécifiquement français les travaux de Louis Chauvel sur la porosité des classes sociales.

(...)"Les origines sociales des diplômés du supérieur long sont extrêmement sélectives, et de plus en plus à mesure de l’arrivée à l’âge d’être étudiants des enfants de la génération née autour de 1945, où la proportion de cadres est moitié plus nombreuse : la concurrence est dès lors si importante que les enfants des classes populaires et même des professions intermédiaires voient diminuer leurs chances d’accéder aux écoles les plus sélectives, du fait même de la multiplication des enfants des milieux sociaux les plus favorisés. De cette façon, les élèves des écoles de l’élite sont de plus en plus homogènes socialement, les enfants des
catégories populaires (employés et ouvriers) passant ainsi de 26,9 % à 16,2% de l’ensemble des écoles les plus sélectives entre le début des années 1980 et la fin des années 1990.
Au reste, le débat autour de l’ouverture de l’Institut d’études politiques de Paris à des filières de recrutement expérimentales, conventionnées avec des lycées de Zones d’éducation prioritaires (ZEP), a permis de révéler que les plus grandes écoles françaises, la crème des écoles les plus sélectives, dont les effectifs sont insuffisants pour être repérées dans les enquêtes Emploi (et même les plus gratuites, certaines rétribuant même leurs étudiants, comme c’est le cas à l’ENA, à l’ENS, et à l’X) sont soumises à la loi de Pareto : 80 % de leurs élèves sont issus d’une fraction relativement privilégiée de la population (cadres, chefs d’entreprise, enseignants agrégés ou du supérieur, etc.), qui ne représente que 20% des parents de la nouvelle génération."(...)

22:10 Publié dans Débat | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Chauvel, grandes écoles, reproduction des élites, élites, porosité des classes sociales

13.04.2008

"La reproduction des élites"

Je soumets à votre réflexion ces chiffres issus du rapport Attali qui témoignent, si besoin était, d'une reproduction sclérosante de l'origine de nos élites :

"Le poids de l’origine sociale n’a jamais autant déterminé les parcours scolaires, et ces derniers n’ont jamais autant déterminé
les parcours professionnels :
• 52 % des enfants d’ouvriers obtiennent leur baccalauréat, contre 85 % des enfants de cadres supérieurs. Moins de la moitié des
enfants des classes populaires passent le baccalauréat général, alors que c’est le cas de 83 % des enfants des cadres supérieurs.
• Dans l’enseignement supérieur, la part des enfants d’origine modeste au sein des grandes écoles (Polytechnique, École nationale
d’administration [ENA], Hautes études commerciales [HEC], École normale supérieure [ENS]) a chuté, passant de 30 % dans
les années 1950 à seulement 7 % aujourd’hui. Les fils d’ouvriers représentaient 25 % des admis à Polytechnique dans les années
1950, contre seulement 1 % aujourd’hui. Et la proportion est encore plus inégale dans les grands corps de l’État."

Pierre Bourdieu avait déjà pointé cette "reproduction des élites " , le concept est d'ailleurs de lui, mais ce qui est grave désormais c'est que la situation, loin de s'améliorer, s'aggrave.

22:55 Publié dans Débat | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : élites, reproduction, Bourdieu, Attali, origine sociale

07.04.2008

Parlons du Tibet, de la Chine et des JO dans nos blogs...

Alors que la communication gouvernementale est une fois encore cacophonique sur le dossier des Jeux Olympiques de Pékin le passage de la flamme olympique à Londres d'abord et à Paris ce jour réveille nos consciences d'hommes libres et qui n'ont pas à craindre pour leur liberté d'expression.
La question n'est plus de regretter que les jeux soient organisés à Pékin c'est trop tard ! La question n'est pas plus de confondre le peuple chinois avec ceux qui les dirigent ainsi nous savons faire la différence. La question n'est plus non plus de vouloir pudiquement séparer sport et politique : lorsque les jeux sont organisés dans un pays dans une perspective économique qu'est ce donc sinon de la politique ?

Alors la seule chose que nous ayons à faire maintenant c' est de contribuer à mobiliser l'opinion nationale et internationale pour montrer aux autorités de Pékin combien nous sommes attachés à des droits de l'Homme qui sont universels et ne sauraient souffrir d'exception.

Alors non le président de la République où sont nés ces droits de l'Homme ne doit pas, à tout le moins, participer à la cérémonie d'ouverture des JO.

Et puisque là bas on baillonne internet, ici utilisons tous nos blogs pour porter haut et fort ce message aux dirigeants chinois : vous devez faire avancer la liberté .

Faites passer le message copiez ce post sur vos blogs (avec les tags Chine,Tibet,Jeux Olympiques) afin de sensibiliser le maximum d'internautes qui pourront utilement apporter des commentaires.

Jean-Pierre MARC

22:30 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Tibet, Chine, Jeux Olympiques

05.04.2008

A propos de la France qui revient dans le commandement intégré de l'OTAN.

Notre Président de la République est favorable à la réintégration de la France dans le commandement intégré de l'OTAN. Le général de Gaulle avait, en 1966, considéré que notre souveraineté et notre liberté d'action vis à vis des américains nécessitait de quitter le commandement de ce traité de l'atlantique nord créé en 1949.
Sans doute était-il nécessaire qu'un aggiornamento intervienne et d'ailleurs des prédécesseurs à NIcolas Sarkozy y avaient songé.
Sans doute aussi, peut-on considérer que d'échanger notre réintégration dans l'OTAN contre un aval américain pour une Europe de la défense peut apparaître comme une bonne opération (d'autant plus que l'on aura bien besoin de cette Europe de la défense pour "rationaliser" nos dépenses militaires).
Pour autant il s'agit de rester vigilant.
Vigilant parce qu'il n'est pas logique que l'on doive obtenir l'aval des américains pour construire une défense européenne : sommes nous si dépendants ?
Vigilant aussi pour que cette double évolution ne traduise une dérive atlantiste dominée par les américains alors que notre monde multipolaire aurait besoin de la présence d'une Europe forte et indépendante sur la scène internationale.

Jean-Pierre MARC

22:45 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : OTAN, diplomatie française, sommet de Bucarest, Europe de la défense