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14.12.2006

« Si la gauche savait… » Michel Rocard

Michel Rocard s’est toujours considéré, et généralement à raison, comme un adepte du parler vrai. Dans ce livre d’entretiens sans tabous c’est bien ce qu’il fait et c’est un exercice non seulement intéressant mais très utile pour celles et ceux qui suivent de près la politique, et au delà pour tout citoyen.
On savait qu’il avait souffert et le livre le confirme mais, ce qui est intéressant dans cet ouvrage, c’est aussi de voir les différences d’approches sur le pouvoir et l'exercice du pouvoir au sein même de la gauche.
Dans un cas c’est quasi exclusivement une fin en soi et dès lors toutes les « ficelles » sont bonnes pour y arriver et s'y maintenir, dans l’autre cas le pouvoir est au service de la transformation de la société au profit des citoyens.
Historiquement c’est la première qui a triomphé et celà même au delà du duel Mitterand-Rocard ; y compris après le changement de couleur de la majorité.
Cette analyse est à méditer car il me semble que c’est l’un des enjeux fondamentaux des prochaines élections présidentielles.
Soyons donc attentifs à ce qui motive réellement nos candidats.
A cet égard la venue de Michel Rocard à l’université d’été du parti centriste rénové de François Bayrou n’est sans doute pas seulement un hasard. On ressent bien chez ce dernier une approche du pouvoir proche sinon similaire.

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11.12.2006

Questions d’hommes ? d’institutions ou de méthode ?

Parmi la floraison de livres politiques qui sont parus ces derniers temps il me semble que deux en particulier donnent mettent en évidence la nécessité de gouverner et de faire de la politique autrement.
Dans son ouvrage consacré à l’actuel Président de la République (« l’homme qui ne s’aimait pas ») Franz Olivier Giesberg nous dévoile, parfois cruellement, un personnage bien sombre et qui, selon lui, serait finalement plus préoccupé par le pouvoir et les manières de le conserver que par le destin de la France.
Dans un autre registre, quoique parfois proche sur les finalités de l’action menée, Marie-France Garaud considère que ce ne sont pas les institutions qui sont mauvaises mais les hommes qui les servent qui ne sont pas à la hauteur.
On voit poindre derrière tout cela une certaine nostalgie du grand homme qui, contre vents et marées, fait suivre à la France la route qu’il a tracée fusionnant en cela son destin avec celui du pays.
Cette vision est certes intéressante elle est en plus très romantique avec un héros positif, incorruptible et sans défaut qui transmet les exigences qu’il se porte au pays. Elle me semble cependant un peu dépassée.
Les temps ont changé et la population ne se mène plus comme auparavant, d’autant plus qu’elle est de moins en moins encline à faire une confiance aveugle à je ne sais quelle « avant-garde éclairée ».
Aujourd’hui l’enjeu n’est pas tant de savoir que faire pour la population (tous les rapports administratifs sur ces thèmes, plus intéressants les uns que les autres, dorment plus ou moins profondément dans les tiroirs) mais plus de savoir quelle méthode employer pour faire avec la population.
Alors oui il faudra adapter nos institutions au nouveau contexte et surtout faire de ce rajeunissement de notre loi fondamentale un exercice de participation de la population.
Surtout il y aura lieu de dépasser nos anciens clivages au premier rang desquels la logique d’affrontement droite-gauche.

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