17.07.2008

A propos de la réforme des institutions

Ci dessous le texte d'une note publiée en 2006 qui reste d'actualité dans ce contexte de réformette des institutions.


Alors que nous allons fêter le 48 ème anniversaire de la Constitution de 1958 il m’apparaît, après mûre réflexion sur la question, plus que jamais nécessaire que s’engage un véritable chantier de rénovation profonde de notre loi fondamentale.
Pourquoi ?

Tout d’abord parce qu’il ne faut pas oublier les circonstances dans lesquelles est née cette constitution . Ces circonstances, qui se caractérisaient notamment par une atmosphère de quasi guerre civile voire de possibilité de putsch dans le cadre de la décolonisation alors en cours, ne sont plus depuis longtemps d’actualité et pourtant notre loi porte les stigmates .

Ensuite parce que, même si l’on a pu croire que la constitution était adaptable à l’infini, en réalité depuis quelques temps elle démontre ses limites. Certes on pourra arguer qu’elle a permis l’alternance politique de 1981 mais en réalité on peut voir là une simple continuité dans une dérive de type « monarchique ». Par contre les cohabitations l’ont mise à mal en dénaturant son « esprit » initial qui voulait une répartition stable des pouvoirs au profit d’un Président de la République maître du jeu avec un premier ministre finalement soumis. En outre l’adoption du quinquennat et du nouveau calendrier électoral finissent d’en faire un outil un peu hybride avec une signification peu évidente.

Enfin et peut être surtout une révision en profondeur de la Constitution est un moyen de faire participer les français à la mise en place des institutions qui les gouvernent. Ce que contient la Constitution l’équilibre des pouvoirs, la place et le rôle des différentes institutions publiques , les garanties qu’elle doit apporter au citoyen… Tout cela est trop sérieux pour être l’affaire des seuls « constitutionnalistes » aussi éminents soient-ils.
Ainsi il serait intéressant de discuter du rôle et de la place respectifs des différentes collectivités locales et de l’Etat (l’intercommunalité de plus en plus importante n’y apparaît pas par exemple) ; de se positionner sur la question du cumul des mandants en nombre mais aussi peut être en durée (actuellement seuls les députés peuvent y toucher mais ils pratiquent, pour nombre d’ entre eux, le cumul), de chercher à mieux garantir une justice de qualité pour tous …

Il reste la question de la méthode. Certes ce dossier devrait entrer dans le débat sur l’élection présidentielle mais il me semble que ce ne pourrait être porté et conduit avec succès qu’avec quelqu’un(e) qui rassemblerait une coalition de personnes de bords et d’horizons différents à la tête du pays une véritable « union nationale ». Le ou la candidat(e) d’un pôle ou de l’autre, quelles que soient leurs qualités personnelles et ils n’en manquent pas, auront une insuffisante légitimité (en clair une moitié de la France face à une autre moitié) pour mener à bien un tel chantier. Ce sont tous les français qui doivent pouvoir participer à la révision de leur loi fondamentale il s’agit là d’un exercice pédagogique unique. Enfin il faut se donner du temps pour travailler sérieusement temps qui se comptera en un minimum de plusieurs années. Il n’y a donc plus de temps à perdre pour se mettre au travail et c’est la raison pour laquelle je souhaitais profiter de cet anniversaire pour évoquer cette question d’un point de vue de citoyen et non de spécialiste que je ne suis pas.

Jean-Pierre MARC

21:54 Publié dans Actualités , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : réforme des institutions, constitution, Bayrou, MoDem

05.05.2008

A propos du désenclavement ferroviaire de la Bretagne

Une fois n'est pas coutume voici un post sur une question locale précise mais qui aborde la question de l'aménagement du territoire.

Réaction d’ « un très grand voyageur* » SNCF à l’abandon du projet de TGV pendulaire après Rennes.


Alors voilà le projet de TGV pendulaire est abandonné mort-né de son coût jugé trop important pour les quelques minutes gagnées. Je ne sais pas pourquoi mais cela ne m’étonne qu’à moitié car je n’y ai personnellement pas vraiment cru. Pourquoi ?

Parce que je crains que le désenclavement ferroviaire du Finistère ne soit pas vraiment une priorité pour la Région voire même pour d’autres collectivités locales . Alors maintenant (enfin en 2012) que Rennes sera à 1h27 de Paris le risque est grand de nous laisser choir. Pourtant depuis que l’Etat s’est désengagé, faute de moyens, de l’aménagement du territoire qui fut un temps bénéfique pour la Bretagne et sa pointe on pouvait espérer que les régions en feraient leur priorité.

Parce que l’argument d’un coût financier trop élevé ne tient pas. Certes 180 millions d’euros pour « quelques minutes » (combien d’ailleurs précisément au fait ?) ce n’est pas rien ! Mais comparé aux 2,2 milliards d’euros du coût total de la ligne à grande vitesse pour gagner 37 minutes avant Rennes cela ne semble pas exhorbitant.
180 millions c’est un peu moins de la moitié du budget d’investissement annuel de la Région Bretagne ou si l’on préfère 10% de ce même budget sur 5 ans.

Parce que les nouvelles perspectives qui nous ont fournies apparaissent bien fantaisistes. En quoi disposer de TGV de plus grande capacité permettra d’aller plus vite ? Surtout se doter de rames plus puissantes permettra au TGV de rouler plus vite sur des voies non adaptées ? Le TGV est déjà capable de rouler à plus de 300 km sur des voies adaptées ce qui témoigne d’une forte puissance mais sans voies adaptées sa puissance est limitée.

Je crois que dans tout cela c’est le volontarisme politique qui manque le plus et pourtant la lutte contre marginalisation de notre façade atlantique est à ce prix.


* c’est le statut donné aux personnes qui effectuent de très nombreux voyages en train.

07:00 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bretagne, TGV, LGV, train pendulaire, aménagement du territoire breton

05.04.2008

A propos de la France qui revient dans le commandement intégré de l'OTAN.

Notre Président de la République est favorable à la réintégration de la France dans le commandement intégré de l'OTAN. Le général de Gaulle avait, en 1966, considéré que notre souveraineté et notre liberté d'action vis à vis des américains nécessitait de quitter le commandement de ce traité de l'atlantique nord créé en 1949.
Sans doute était-il nécessaire qu'un aggiornamento intervienne et d'ailleurs des prédécesseurs à NIcolas Sarkozy y avaient songé.
Sans doute aussi, peut-on considérer que d'échanger notre réintégration dans l'OTAN contre un aval américain pour une Europe de la défense peut apparaître comme une bonne opération (d'autant plus que l'on aura bien besoin de cette Europe de la défense pour "rationaliser" nos dépenses militaires).
Pour autant il s'agit de rester vigilant.
Vigilant parce qu'il n'est pas logique que l'on doive obtenir l'aval des américains pour construire une défense européenne : sommes nous si dépendants ?
Vigilant aussi pour que cette double évolution ne traduise une dérive atlantiste dominée par les américains alors que notre monde multipolaire aurait besoin de la présence d'une Europe forte et indépendante sur la scène internationale.

Jean-Pierre MARC

22:45 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : OTAN, diplomatie française, sommet de Bucarest, Europe de la défense

27.03.2008

Quand la fiction devient réalité ...

Voici la note que j'avais publiée le 11 avril 2007, avant les élections présidentielles, je vous laisse la confronter à la réalité sachant que nous ne sommes qu'en mars.
Ah j'oubliais j'ai commis une erreur la mesure de remerciement était un cadeau fiscal et du coup les caisses de l'Etat sont encore plus vides.


"Cela fait maintenant un peu plus d’un an que Mme R ou Monsieur S est au pouvoir. Que s’est-il passé depuis lors ?
Une mesure symbolique a été prise pour « remercier » l’électorat et montrer que cela change. Quelle sera cette mesure ? On ne sait pas précisément mais on sait déjà quelle doit répondre à un impératif incontournable ne pas coûter un centime !
Pourquoi ? et bien simplement parce que les caisses de l’Etat sont irrémédiablement vides pire même la France est très endettée en tous cas plus qu’elle ne l’a jamais été en temps de paix et plus que ce que permettent les critères permettant à une monnaie de faire partie de l’Euro !
D‘ailleurs le nouvel élu à la magistrature suprême de notre pays a commandité un audit des finances publiques qui a conclu à ce que tout le monde sait déjà depuis le rapport Pébereau de 2005 à savoir que la France a abusé de la facilité de l’endettement public pour assurer son train de vie à court terme.
Il est fait grande publicité de cet audit pour justifier que l’on ne peut plus rien faire et notamment qu’il faut reporter sine die les nombreuses mesures promises lors de la campagne. La rigueur va devoir s’installer. Les batailles font rage au sein de la majorité où l’on prévoit déjà la débâcle des futures élections locales.
Ah j’allais oublier les ministres dits d’ouverture font part de plus en plus ouvertement de leur malaise dans ce simulacre d’ouverture de l’échiquier politique où le parti vainqueur des élections n’a eu de cesse que de s’octroyer tous les pouvoirs et tous le postes de commande. Un sondage révèle que les français auraient souhaité un gouvernement d’union nationale comme en Allemagne où le chômage est inférieur à 6%; la cote de popularité de François Bayrou qui a toujours prôné cette union nationale n’a jamais été aussi forte mais c’est un peu tard.

Je vous rassure ceci n’est que de la politique fiction et vous savez ce qu'il vous reste à faire pour que cela n'arrive pas !"

15:35 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : MoDem, déficit public, politique fiction, Sarkozy, Royal, union nationale